Dates de la formation continue actuelles

Cliquez ici pour un aperçu des dates. Les notifications d'événements sont les bienvenues, veuillez les adresser à Mme Ulrike Bräunig, u.novotny faCHverlag.

 

Protection contre la rétinopathie par le fénofibrate en cas de diabète

Des études avaient déjà mis en évidence des effets positifs de la prise de fénofibrate sur la progression d’une rétinopathie diabétique,1,2 mais les résultats n’étaient pas suffisamment univoques pour permettre de formuler des recommandations claires. Or, une étude de cohorte de grande ampleur apporte des preuves solides que le fénofibrate peut prévenir de manière significative la progression d’une rétinopathie diabétique non proliférative (RDNP) vers des stades menaçant le pronostic visuel ou vers une rétinopathie diabétique proliférative (RDP).3    

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Luxturna® également dans la liste des spécialités

La thérapie génique Luxturna®, contenant le principe actif voretigene neparvovec, a été autorisée par Swissmedic en février 2020. Cette autorisation a suivi les admissions par la FDA pour les États-Unis en décembre 2017 et par l’EMA pour l’Union européenne en septembre 2018. Depuis, Luxturna® a également été ajouté à la liste des spécialités

Le Public Summary SwissPAR de Swissmedic concernant Luxturna se trouve ici.

En tant que virus modifié, le voretigene neparvovec contient une copie du gène RPE65. Le traitement est envisagé chez les adultes ou les enfants présentant une dystrophie rétinienne importante résultant d’une mutation biallélique du gène RPE65. Une condition préalable au traitement est la preuve de la présence de cette mutation à l’aide d’un test génétique. Une autre condition est la présence de suffisamment de photorécepteurs viables.

Le traitement, c’est-à-dire une administration sous-rétinienne unique avec un plan de traitement immunomodulateur pré- et post-opératoire, n’est réalisé que dans des centres hautement spécialisés (cliniques ophtalmologiques universitaires de catégorie A1) et, dans un premier temps, à l’Hôpital universitaire de Bâle. 

 

Des experts suisses dans le Retina Hall of Fame

Trois experts de la rétine suisses ont été acceptés dans le prestigieux «Retina Hall of Fame» au mois de novembre:

Le Prof. Dr Thomas Wolfensberger, Directeur de l’Hôpital Jules-Gonin de Lausanne, le Prof. Carsten H. Meyer, Davos et Zürich, ainsi que le Prof. Marc de Smet, Lausanne et Amsterdam, peuvent désormais inscrire leur nom en dessous des grands chercheurs rétinologues et fondateurs de thérapies et de méthodes diagnostiques.  

Le Retina Hall of Fame existe depuis cinq ans (2016). Lors de sa création, les personnalités les plus éminentes de la rétinologie y ont été admises, même à titre posthume, comme c’est le cas pour Jules Gonin. Cette année, les trois médecins cités sont honorés pour leurs travaux dans le domaine de la rétinologie. La priorité est ainsi mise sur la recherche ainsi que sur la pratique clinique. Félicitations!
 


 

Absence de réponse dans la DMLAn

Un cours a été consacré au thème de l’absence de réponse. Le Dr Jordi Monés, directeur du Macula and Retina Institute de Barcelone, propose de créer une grille de définition plus précise du spectre des réponses «non optimales» à un traitement de la DMLAn par inhibiteur du VEGF.

Une définition de la réponse au traitement par inhibiteur du VEGF datant de 20151 distinguait la réponse à la phase de charge et l’évolution ultérieure (réponses primaire et secondaire). Les critères pour la réponse primaire vont de « optimal » (gain de > 5 lettres ETDRS) à « poor » (perte de 1 à 4 lettres) et incluent l’absence de réponse (perte de ≥ 5 lettres). L’évaluation de la réponse fonctionnelle secondaire découle de la réponse primaire et de l’évolution avec ou sans traitement.

Cependant, de nouvelles découvertes ont été faites, en particulier en ce qui concerne l’évaluation de la réponse anatomique, c’est-à-dire la mise en évidence et le développement de liquide sous-rétinien (LSR) et de liquide intrarétinien (LIR) ainsi que de kystes intrarétiniens en relation avec la valeur initiale. Par conséquent, il convient de mettre à jour cette convention âgée de 6 ans.

On sait aujourd’hui que les fluctuations du liquide ont des répercussions négatives à long terme. Selon les recommandations actuelles, le traitement doit se poursuivre de manière continue à long terme. Le plus souvent on suit actuellement le concept « Treat & Extend » (T&E). De nouveaux médicaments ou modes d’administration à durée d’action plus longue élargissent les options.

Une nouvelle classification doit être simple mais détaillée et doit inclure les résultats anatomiques et fonctionnels. Le critère principal doit rester l’acuité visuelle. La réponse doit être évaluée avec une certaine flexibilité dans un délai de 3 à 8 mois et non à un moment fixe.

Les causes d’une baisse de l’acuité visuelle indépendante de la composante exsudative de la pathologie doivent être exclues, telles qu’une atrophie ou une réponse fibrotique. Bien entendu, pour chaque évaluation de la réponse, il convient tout d’abord de s’assurer que les patients ne sont pas sous-traités.

Le Dr Monés propose un système à 10 points dont la simplicité séduit, mais qui doit encore être validé.

10 à 9 points indiquent une excellente réponse (T&E, absence de liquide/LSR/LIR) sur ≥ 4 mois (10 points) ou 3 mois (9 points).

Une bonne réponse correspond à un T&E sans liquide sur au moins 2,5 mois (8 points) ou 2 mois (7 points) et ainsi de suite. La valeur la plus basse 1 correspond aux non-répondeurs : sous un T&E avec des injections mensuelles, on observe toujours un LSR ou un LIR et l’acuité visuelle est moins bonne qu’au début du traitement.

« DMLA néovasculaire réfractaire »

La PD Dre Irmela Mantel, de l’Hôpital Jules-Gonin de Lausanne, définit la DMLAn réfractaire comme la présence d’un liquide rétinien qui persiste malgré un traitement mensuel par anti-VEGF. En ce qui concerne les causes, il convient de différencier les éléments suivants : développement d’une tolérance, réponse de très courte durée, autres facteurs ayant une influence, p. ex. implication d’autres médiateurs outre le VEGF, pseudo-exsudation et syndrome « AMD masquerade ». En cas de suspicion d’une réponse de très courte durée, le patient doit être examiné dans la semaine qui suit l’injection. Si l’on observe une réaction anatomique/fonctionnelle claire, il s’agit d’une bonne réponse à court terme. Il convient alors de poursuivre les injections toutes les quatre semaines (« high-need »). Lorsque la durée de la réponse diminue d’injection en injection, cela évoque le développement d’une tolérance. Dans ce cas, le passage à un autre traitement peut être utile.

Les facteurs qui peuvent entraver ou empêcher une amélioration sont p. ex. une vasculopathie choroïdienne polypoïdale, une déchirure de l’EPR, une inflammation ou une traction.

Vu l’évolution complexe de la DMLA, une activation d’autres facteurs, outre le VEGF, n’est pas improbable.

Un syndrome « AMD masquerade » peut être causé entre autres par une néovascularisation choroïdienne d’une autre origine, une choriorétinopathie séreuse centrale, une uvéite postérieure, un œdème postopératoire (syndrome d’Irvine-Gass), une dystrophie maculaire,et d’autres. Une pseudo-exsudation est provoquée par du matériel pseudovitelliforme avec liquide, par des tubulations rétiniennes externes ou des espaces dégénératifs optiquement vides à l’OCT.

Biomarqueur de l’absence de réponse

Selon le Pr Carel Hoyng, de l’Université Radboud (Pays-Bas), une revue néerlandaise portant sur 20 000 patients atteints de DMLAn sous traitement par anti-VEGF a mis en évidence 10% de non-répondeurs. Grâce à un biomarqueur prédictif de l’absence de réponse, des traitements inutiles pourraient être évités.

Les gènes jouent un rôle. L’évaluation de 397 patients a montré qu’en présence d’un nombre élevé d’allèles à haut risque des gènes CFH, ARMS2 et VEGFA, la réponse était particulièrement mauvaise. Des facteurs prédictifs sont connus, notamment l’âge, l’acuité visuelle initiale, la taille et le type des lésions, le tabagisme, un IMC élevé et le diabète. Un modèle prédictif qui associe ces facteurs prévoit une baisse de l’acuité visuelle ≥ 30%. Un risque d’absence de réponse supérieur à 50% peut être prédit pour une valeur seuil définie dans ce modèle.

EURETINA Instructional Course Non-Responders in Neovascular AMD: Mones J. Non-responders neovascular AMD concept and spectrum. Mantel I: Understanding refractory neovascular AMD. Hoyng C. Biomarker and predictive factors for non-response. EURETINA Virtual, Sept 9, 2021 
1. Amoaku et al. Defining response to anti-VEGF therapies in neovascular AMD. Eye (Lond). 2015 Jun; 29 (6): 721-31.

 

 

Marqueur potentiel des inflammations intraoculaires à l’OCT

Le Dr Justis Ehlers (Cleveland, Ohio) a présenté les résultats préliminaires d’une analyse OCT d’yeux qui ont été inclus dans l’étude HAWK et chez lesquels une inflammation intraoculaire était apparue sous traitement par brolucizumab.

L’intervenant a montré quelques résultats de l’évolution à l’OCT, qui montraient des débris du corps vitré et des foyers hyperréflectifs prérétiniens (FHP). On pouvait déjà observer une ébauche de ces caractéristiques avant la manifestation de l’inflammation intraoculaire clinique. La mise en évidence de ces FHP pourrait être un signe indicateur et un biomarqueur précoce, non seulement pour l’inflammation mais aussi pour les vasculites et les occlusions vasculaires corrélées. Actuellement, ce marqueur fait aussi l’objet d’une évaluation dans les résultats d’examens issus de l’étude HARRIER.

Ehlers J. The safety-specific, next-generation optical coherence tomography analysis from HAWK: Preliminary OCT findings associated with intraocular inflammation. EURETINA Virtual Meeting, September 10, 2021, Prize Paper Session 9, AMD III

 

Anti-VEGF et mortalité après un AVC ou un infarctus du myocarde

Pour les substances inhibant le VEGF, même en cas d’utilisation locale limitée à l’œil, une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires n’est pas exclue. Par conséquent, en cas d’événements thromboemboliques remontant à moins de 6 mois, il convient de faire preuve d’une grande prudence. La Dre Yu-Yen Chen, de Taichung/Taïwan, a démontré que, et dans quelle mesure, le traitement a une influence sur le risque de mortalité des patients sous anti-VEGF et présentant un antécédent d’événement cardiovasculaire.

La scientifique avait à sa disposition une base de données de 23 millions de personnes originaires de Taïwan allant de 2005 à 2013. Elle en a extrait les données de patients atteints de DMLAn présentant un antécédent d’AVC ou d’infarctus du myocarde. Elle a divisé ces patients en deux groupes : ceux qui ont été traités par anti-VEGF par voie intravitréenne (IVT) et un groupe témoin, composé de patients chez lesquels il a été renoncé au traitement par anti-VEGF. Les patients de la cohorte anti-VEGF ont tous été appariés avec 4 personnes du groupe témoin (DMLAn/antécédents cardiovasculaires, mais pas d’anti-VEGF). Les événements dans les deux groupes ont été corrigés pour l’âge, le sexe, les antécédents de tabagisme, l’obésité et les comorbidités, telles que le diabète, l’hypertension, l’insuffisance rénale et l’insuffisance cardiaque.

Près de 3 400 patients dans le groupe IVT et 13 500 patients dans le groupe témoin ont été suivis pendant 9 ans. Les critères d’évaluation de l’étude étaient l’incidence cumulée de la mortalité et le risque de mortalité.

L’incidence cumulée de la mortalité dans le groupe IVT a atteint 16.8%, contre 8% dans le groupe sans IVT. Le hazard ratio (HR) corrigé était de 2,36. À ce niveau, il a été constaté une diminution claire du risque avec le temps écoulé entre l’événement cardiovasculaire et le début du traitement anti-VEGF : si moins de 6 mois s’étaient écoulés, le HR était de 4.84, soit presque cinq fois plus élevé que dans le groupe témoin. En revanche, si au moins deux années s’étaient écoulées, le risque était presque identique (HR de 1.06, intervalle de confiance à 95 % : 0.86 – 1.29) à celui des patients chez lesquels il avait été renoncé au traitement par anti-VEGF. En cas d’événement remontant à 6 à 12 mois, le risque était encore multiplié par 3.55. Si l’on attend au moins 1 an, l’augmentation du risque ne se traduit plus que par un HR de 1.34.

1. Chen YY: Increased mortaility after intravitreal injections of anti-VEGF for neovascular AMD among patients with prior stroke or acute myocardial infarction. EURETINA Virtual, Prize Papers 6, Vitreoretinal Surgery II, Sept 10, 2021
2. Chen YY, Lai YJ, Yen YF, Chou P. Increased mortality after intravitreal injections of anti-VEGF for neovascular AMD among patients with prior stroke or acute myocardial infarction. Eye (Lond). 2021 Mar 2. doi: 10.1038/s41433-021-01416-1. Epub ahead of print. PMID: 33654317.

 

Médicaments systémiques et risque de DMLAn

Les médicaments pris par voie systémique pourraient être associés à un risque accru de DMLA humide. Un groupe de travail finlandais a mis en évidence une corrélation avec deux inhibiteurs calciques de 2e génération, les dihydropyridines que sont l’amlodipine et la félodipine.

La Dre Sirpa Loukovaara, de l’Université d’Helsinki, a obtenu le prix «Best ePoster» pour son étude rétrospective. Les patients inclus dans cette étude avaient au moins 40 ans et ne présentaient, à ce moment, aucun diagnostic de DMLA humide. Les données de près de 260 000 patients ont été examinées concernant la prise de 85 médicaments différents. Au cours de la période d’observation de 10 ans en moyenne, une DMLAn est apparue chez 2 947 patients (1,15 pour 1 000 patients-années). Après correction pour l’âge, le sexe, le diabète, un diagnostic de cancer et le groupe socio-économique, il a été observé une augmentation de 33% du risque d’apparition d’une DMLA humide en cas de prise de l’antihypertenseur amlodipine et une augmentation de 24% en cas de prise de félodipine. Un lien direct avec l’hypertension artérielle n’a pas été observé.

Loukovaara S. Associations between systemic medications and development of wet age-related macular degeneration. EURETINA Virtual Prize Paper Session 9, AMD III Sept 11, 2021

 

Intervalle court, patient plus fidèle ?

Le registre Fight Retinal Blindness! (FRB !) contient actuellement plus de 20 000 ensembles de données de patients atteints de DMLA néovasculaire illustrant le quotidien clinique. Le Pr Mark Gillies (Sydney) a utilisé ces données pour étudier l’influence de l’intervalle entre les traitements sur la fidélité des patients.

L’idée courante est que plus l’intervalle entre deux injections intravitréennes est long, plus les patients restent fidèles. Une absence de traitement pendant au moins 6 mois est considérée comme une non-persistance. C’est également le cas lorsque le traitement fait l’objet d’un refus direct. Selon le Pr Gillies, dans le registre FRB!, la proportion des arrêts du traitement correspondant à cette définition sur 2 à 5 ans était de 43%. Ont été également inclus dans cette étude environ 1 500 patients pour lesquels la durée d’observation était d’au moins deux ans et qui ont reçu au moins quatre injections.

Un facteur de risque d’abandon non prévu du traitement était l’âge: la non-persistance augmente de 2% par année de vie. Le risque était également accru en cas d’intervalles de 6 semaines entre les traitements, tandis qu’un intervalle de 8 semaines n’avait aucune influence. En revanche, en cas d’intervalles plus longs, la probabilité de non-persistance ne diminuait pas; au contraire, elle augmentait.

Cela peut être lié aux caractéristiques de la pathologie : des intervalles plus courts sont nécessaires en cas de forme plus active. Dans ce cas, un non-respect de l’intervalle se traduit rapidement par une détérioration de l’acuité visuelle. Tant que les patients ressentent un bénéficie immédiat, ils restent plus facilement fidèles au traitement.

Il est important d’informer les patients de manière précoce : « La plupart des patients ressentent rapidement une amélioration après les premières injections. Mais dès que nous avons stabilisé la maladie, ce n’est plus forcément le cas. Pour autant, cela ne signifie pas qu’on peut alors arrêter le traitement. » Il convient d’informer rigoureusement les patients dès le début, en particulier lorsque l’on utilise des médicaments et des modes d’application à durée d’action plus longue.

Gillies M. Shorter treatment intervals are associated with higher treatment compliance than longer treatment intervals in a treat-and-extend-regimen for nAMD. EURETINA Virtual Meeting, September 10, 2021, Prize Paper Session 9, AMD III

 

ESBATech : l’histoire d’une réussite

 

Non seulement les chercheurs mais aussi les entreprises pharmaceutiques et celles du secteur des technologies médicales connaissent le concours d’excellence En automne 2021, ESBATech (Schlieren) s’est vu décerner le Swiss Biotech Success Stories Award. Appartenant à Novartis depuis dix ans, cette entreprise a ouvert avec succès de nouvelles voies dans le développement des anticorps. Le brolucizumab (Beovu®) est le premier produit autorisé qui soit né grâce à la plateforme d’ESBATech. Le chemin parcouru est captivant.

L’Award 2021 de la Swiss BioTech Association a été décerné au Dr Dominik Escher, cofondateur et directeur général (jusqu’en 2016) d’ESBATech et à la nouvelle plateforme technologique innovante d’ESBATech pour l’identification de fragments d’anticorps scFv solubles et hautement stables.

Dominik Escher, Alcide Barberis et Adrian Escher ont fondé ESBATech en 1998 en tant que spin-off de l’Université de Zurich. Déjà 10 ans avant la naissance d’ESBATech, certains fragments d’anticorps (fragments variables monocaténaires, scFv, voir note en bas de page) ont été décrits. En tant que molécules relativement petites, ils semblaient attractifs pour une utilisation thérapeutique. Pourtant, d’innombrables études portant sur des fragments d’anticorps prometteurs ont échoué. Des cibles pharmacologiques avaient beau être identifiées et des fragments d’anticorps correspondants mis au point, la poursuite du développement en vue de la commercialisation échouait en raison d’une stabilité trop limitée des molécules et d’obstacles infranchissables de fabrication. La recette du succès des fondateurs d’ESBATech s’est basée sur leur approche en quelque sorte inversée d’aborder le développement des fragments d’anticorps. Ils ont commencé par rechercher des fragments d’anticorps humains naturellement stables. Dominik Escher décrit le travail de forçat biochimique qui se cache derrière cette recherche et qui a pris des années.

Ce n’est qu’à ce moment que les étapes ultérieures ont pu suivre : ces fragments d’anticorps stables sélectionnés ont dû être modifiés de manière à pouvoir se lier à une cible qui est pertinente pour une pathologie donnée et qui doit être neutralisée dans le cadre d’une thérapie ciblée. Rétrospectivement, on peut affirmer que le chemin parcouru par les trois fondateurs a atteint sa consécration lorsqu’un produit est enfin parvenu au stade de la commercialisation et a obtenu l’autorisation par Swissmedic de mise sur le marché. Il s’agit du brolucizumab (Beovu®, Novartis), un fragment d’anticorps monocaténaire. Comment en est-on arrivé à une utilisation ophtalmologique? «Notre approche allait, là encore, à contre-courant», a déclaré Dominik Escher. La plupart des entreprises qui testaient les fragments en tant qu’alternatives aux anticorps normaux ont renoncé à l’avantage que représente une petite protéine et ont transformé les fragments en molécules de plus grande taille afin de pouvoir les utiliser de manière systémique. En cas d’administration systémique, une petite molécule comme le brolucizumab est immédiatement éliminée. Par conséquent, ESBATech s’est concentré sur une application localisée : outre l’œil, dans les articulations et en dermatologie.

Le développement du premier scFv pour utilisation topique qui pénètre dans la chambre antérieure paraît passionnant. Ce scFv pourrait à l’avenir être administré sous forme d’un collyre en cas d’uvéite et de sécheresse oculaire. Ce produit a lui aussi bénéficié du sponsoring de Novartis, mais son développement ultérieur revient désormais à Oculis (Lausanne). La cible visée dans ce cas est le facteur de nécrose tumorale (TNF). Il est présent en une concentration 1 000 fois inférieure à celle du VEGF. En raison de la forte concentration intraoculaire en VEGF lors de pathologies rétiniennes, une utilisation topique du brolucizumab reste encore peu prometteur. Néanmoins il serait envisageable d’associer une dose de charge intravitréenne avec un traitement d’entretien topique. «Cela dépasse cependant le cadre de nos travaux», a expliqué Dominik Escher. Il mène actuellement des recherches avec une nouvelle société de biotechnologie, CDR-Life, en collaboration avec Boehringer, sur des applications pour la DMLA sèche.

Nous lui souhaitons de poursuivre sur la voie du succès, également dans l’intérêt des patients.

scFv : quelques précisions

Un fragment variable monocaténaires (scFv) est une protéine de fusion des régions variables des chaînes lourdes et légères des immunoglobulines, liées par un peptide de liaison composé de 10 à 25 acides aminés. Le scFv conserve la spécificité de l’immunoglobuline originale malgré l’élimination des régions constantes et l’introduction du peptide de liaison (source : Wikipédia).


 

Prix Retina

Imagerie par résonance magnétique sur l’œil mobile

 

Le Prix Retina de cette année (décerné par la SVRG, sponsor : Novartis) récompense une technique développée à Lausanne pour l’imagerie par résonance magnétique (IRM) qui permet d’examiner aussi un œil en mouvement. Il pourrait en résulter une branche d’examen entièrement nouvelle. (Veuillez lire l'article complet ici)

 

 

Prises de position actuels du SVRG

Les Prises de position du SVRG se trouvent dans l'élément de menu séparé.

 

  • aux examens ophtalmologiques chez les anciens prématurés à l’issue du dépistage de la ROP 
  • au traitement anti-VEGF durant la pandémie COVID-19
  • aux injections intravitréennes pendant le COVID
  • à l'utilisation non autorisée de seringues et d'aiguilles 
  • au brolucizumab

 

Un groupe de travail se présente : Swiss VitreoRetinal Group (SVRG)

Contribution d'invité par Dr méd. Martin K. Schmid, Président

Le Swiss Vitreo Retinal Group (SVRG) est un groupe de travail de la SSO. Tous les membres de la SSO qui s’intéressent particulièrement aux sujets relatifs à la rétine peuvent y adhérer. Le groupe de travail encourage l’échange collégial de connaissances entre les spécialistes de la rétine qui travaillent en Suisse et garantit le transfert de connaissances spécialisées aux autres ophtalmologistes.

Le Comité directeur de la SSO peut également faire appel au Comité directeur du SVRG à titre consultatif pour des questions relatives à la rétine. De plus, le SVRG exploite un propre site Internet qui s’adresse autant à des amateurs qu’à des professionnels. Les membres ont un accès élargi à des informations spécialisées dans un espace protégé.

Le SVRG joue également un rôle actif dans la formation en ophtalmologie en organisant des colloques deux fois par an. L’un d’entre eux est exécuté dans le cadre de la Swiss Academy of Ophthalmology à Lucerne et traite de sujets pratiques en rapport avec la rétine avec des intervenants venant principalement de Suisse. La deuxième manifestation, le Swiss Retina Update, se consacre surtout à des sujets actuels du domaine de la recherche et de la thérapie de maladies de la rétine. De nombreux intervenants internationaux y participent en plus des intervenants suisses.

Le SVRG attache énormément d’importance à la promotion active de jeunes recrues scientifiques qui font de la recherche dans le domaine de la rétine. Chaque année, grâce à des sponsors issus de l’industrie, plusieurs prix d’encouragement affectés à un projet précis peuvent être attribués pour des publications et des projets scientifiques exceptionnels.

Certaines maladies de la rétine pouvant être étroitement liées à des maladies systémiques, par exemple au diabète sucré, le SVRG s’engage de manière intensive en faveur de l’amélioration de la communication interdisciplinaire entre les ophtalmologistes et d’autres spécialistes tels que les fournisseurs de soins primaires et les diabétologues.

La mise en place d’une plateforme de connaissances assistée électroniquement permettant de diagnostiquer et de traiter les maladies de la rétine fait partie, entre autres, des autres projets actuels. De même, dans le cadre d’échanges intensifs avec la Commission de qualité et de déontologie de la SSO, le SVRG va s’engager pour établir des normes de qualité relatives au traitement de maladies de la rétine.

Le groupe comprend un peu plus de 50 membres. L’adhésion est gratuite.

Le Comité directeur du SVRG est composé des membres suivants

  • Dr méd. Martin Schmid | Président
  • Dr méd. Guy Donati | Vice-Président
  • PD Dr méd. Irmela Mantel | Trésorier
  • Pr Dr Dr méd. Daniel Barthelmes | Sécretaire
  • Pr Dr méd. Matthias Becker 
  • Dr méd. Corina Lang 
  • Pr Dr méd. Hendrik Scholl 
  • Pr Dr Dr méd. Martin Zinkernagel 

 


 

Communiqué de presse

Brolucizumab : Novartis informe de manière proactive

  • Dans le cadre d’études prospectives, randomisées et contrôlées, le Brolucizumab, un inhibiteur du VEGF, a été injecté, pour diverses indications, à intervalles de quatre semaines après la phase de charge. Novartis a informé que les études avec ces régimes ont été arrêtées. Ceci est dû d'un risque accru d'inflammation intraoculaire par rapport aux bras de comparaison.
  • La raison à cela est que les données issues à ce jour des études indiquent un risque d’inflammations intraoculaires supérieur à celui du bras comparateur.  
  • Pour l'utilisation actuellement approuvée, il reste important d'utiliser le Brolucizumab dans le cadre des indications d'utilisation. Cela signifie : pas d'intervalles de quatre semaines après la dose de charge.
  • Le SVRG prépare actuellement un communiqué à ce sujet.
  • Vous trouverez ici le communiqué de presse de Novartis (28 mai 2021)    Texte : UNo

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La thérapie optogénétique efficace chez l’Homme

Publication dans Nature Medicine sur la première utilisation avec succès chez un patient

Un patient devenu aveugle a pu retrouver partiellement la vue grâce à un traitement optogénétique. Une équipe de recherche internationale, dont le dernier auteur est le Pr Botond Roska, a publié cette description de cas dans Nature Medicine. Le Pr Roska est, avec le Pr Hendrik Scholl, directeur de l’Institut d’ophtalmologie moléculaire et clinique de Bâle (IOB) ; le premier auteur, le Pr José-Alain Sahel, travaille à la Sorbonne à Paris ; l’équipe de recherche internationale comprend des collaborateurs et collaboratrices d’autres cliniques parisiennes, du Moorfields Hospital de Londres et de l’université de Pittsburgh.

Le patient de 58 ans traité à l’aide de la méthode optogénétique a reçu, il y a 40 ans, un diagnostic de rétinite pigmentaire. Au cours de l’évolution de cette pathologie, il a perdu la vue. Plus de 70 gènes connus peuvent être à l’origine de cette affection. 
Dans le cas de l’optogénétique, des cellules viables présentes dans la rétine peuvent être activées et désactivées par la lumière. Les gènes codant pour des protéines photosensibles ont été introduits à l’aide d’un vecteur viral dans les cellules rétiniennes malades d’un œil du patient, l’autre œil servant de témoin. Les protéines synthétisées à l’aide de ce plan de construction peuvent transformer les impulsions lumineuses en signaux, qui sont transportés par le nerf optique jusqu’au SNC où ils sont traités. Après renforcement du signal lumineux par des lunettes spéciales, le patient peut reconnaître des objets posés sur une table blanche, les compter, les localiser et les toucher. Dans la rue, le patient peut reconnaître les passages piétons et compter le nombre de leurs bandes.

« Il s’agit d’une étape importante sur le chemin vers un traitement pour les personnes souffrant de pathologies ophtalmologiques génétiques », a déclaré le Pr Roska,. Il y a près de 13 ans, lui et son équipe avaient rapporté pour la première fois que des souris aveugles pouvaient à nouveau voir après un traitement optogénétique.

Le traitement nécessite un entraînement intensif afin que la transmission modifiée des signaux puisse être traitée correctement au niveau central. Dans le cas décrit, le patient a commencé cet entraînement 4,5 mois après l’injection, avec des lunettes spéciales qui renforcent les signaux reçus et les projettent sur la rétine. Les chercheurs indiquent qu’à partir du 7e mois après le début de l’entraînement, le patient a commencé à rapporter des signes d’amélioration de sa vision. Dans la mesure où les patients atteints de rétinite pigmentaire développent une vision normale au cours des premières années de leur vie, le cerveau peut se souvenir des impressions visuelles, ce qui facilite ce type de traitement. Cependant, ce traitement ne promet pas une vision de lire le journal ou reconnaître des visages, mais permet de pouvoir plus facilement s’orienter au quotidien et gagner ainsi en qualité de vie. De nouvelles recherches devront suivre cette première réussite. Il n’en reste pas moins que ce résultat constitue un événement historique dans le domaine de l’ophtalmologie. 

Sahel JA, Boulanger-Scemama E, Pagot C, Arleo A, Galluppi F, Martel JN, Esposti SD, Delaux A, de Saint Aubert JB, de Montleau C, Gutman E, Audo I, Duebel J, Picaud S, Dalkara D, Blouin L, Taiel M, Roska B. Partial recovery of visual function in a blind patient after optogenetic therapy. Nat Med. 2021 May 24. doi: 10.1038/s41591-021-01351-4. Epub ahead of print. PMID: 34031601.
Pressemitteilung IOB

 

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Maculopathie myopique: incidence en Europe

Présentation au congrès de l’ARVO d’une étude de cohorte de grande envergure menée en Allemagne

Le thème de la «progression de la myopie» est particulièrement d’actualité, car une myopie plus forte est associée à un risque de développement ultérieur d’une maculopathie myopique. L’étude intitulée «Gutenberg Health Study» et menée en Allemagne a présenté, dans le cadre du congrès de l’ARVO, les données à 5 ans concernant l’incidence.1 En outre, un article du même groupe d’étude a été publié.2 Les chiffres et les résultats ne sont pas tout à fait identiques, mais pointent dans la même direction.

Dans l’étude de population,1 les données de plus de 15 000 participants âgés de 35 à 74 ans ont été analysées. Chez les personnes présentant une myopie d’au moins -6 D, la macula a été évaluée selon la classification internationale META-PM à partir de photos du fond d’œil.

Selon l’article publié dans le British Journal of Ophthalmology,2 801 yeux de 519 participants remplissaient le critère d’une myopie d’au moins -6 D (moyenne d’âge de 51,0 ans) et disposaient de photographies du fond d’œil qui ont pu faire l’objet d’une classification. Parmi ces derniers, 10,3% présentaient une maculopathie myopique, dans la très grande majorité des cas sous la forme d’une atrophie diffuse. Le risque de maculopathie myopique augmentait de 7% par année d’âge.

La sévérité de la myopie jouait elle aussi un rôle, comme cela a été indiqué au congrès de l’ARVO:1 dans ce cas, au-delà de -6 D, le risque augmentait de 62% par dioptrie.  L’incidence sur 5 ans atteignait, selon la présentation faite au congrès de l’ARVO, 3 nouveaux cas de maculopathie myopique pour 1 000 habitants (0,3%). Pour les yeux touchés, la maculopathie a progressé dans 50% des cas au cours des 5 années.

Résumé

  • L’incidence de la maculopathie myopique sur 5 ans a atteint, dans cette étude de cohorte européenne de grande envergure, 0,3% de la population totale âgée de 34 à 74 ans.
  • 7% des personnes présentant une myopie supérieure à -6 D ont développé une maculopathie myopique.
  • Plus la myopie était prononcée, plus le risque était élevé (OR de 1,62 par dioptrie).
     
1. Hopf S, Heidt F, Korb C, et al.  Five-Year cumulative Incidence and Progression of Myopic Maculopathy in the German population – results from the Gutenberg Health Study.  ARVO 2021 abstract and video presentation
2. Hopf S, Korb C, Nickels S, Schulz A, Münzel T, Wild PS, Michal M, Schmidtmann I, Lackner KJ, Pfeiffer N, Schuster AK. Prevalence of myopic maculopathy in the German population: results from the Gutenberg health study. Br J Ophthalmol. 2020 Sep;104(9):1254-1259.

 

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Journée mondiale sans tabac 2021

Chez les fumeurs, le risque de DMLA augmente de 83%

Le 31 mai 2021 a lieu la journée mondiale sans tabac. Dans ce cadre, l’OMS lance une campagne d’une durée d’un an intitulée «Commit to Quit». L’arrêt du tabagisme se justifie aussi du point de vue ophtalmologique:

  • Les fumeurs actifs présentent une incidence de la DMLA supérieure de 83% à celle des non-fumeurs1
  • Le risque de cataracte est augmenté de 30% chez les fumeurs actifs2 
  • Une orbitopathie endocrinienne est observée si fréquemment chez les fumeurs que le tabagisme est maintenant considéré comme le facteur de risque évitable le plus fréquent3
  • La nicotine, en tant que neurotoxine, majore le risque de glaucome4
  • Une sécheresse oculaire est rencontrée bien plus fréquemment chez les fumeurs5

L’arrêt du tabagisme réduisant ces risques, il doit être encouragé par les ophtalmologues aussi. En Allemagne, la Deutsche Ophthalmologische Gesellschaft et son secrétaire général, le Pr Claus Cursiefen, appellent les ophtalmologues à encourager les fumeurs à arrêter de consommer de la nicotine afin de préserver leur santé ophtalmologique. Les caisses d’assurance-maladie suisses présentent ici les mesures qu’elles soutiennent. 

1. Klein R. et al. The Prevalence of Age-Related Macular Degeneration and Associated Risk Factors. Arch Ophthamol. 128, 750-758 (2010).
2. Hae Jeong L. et al. Association between cataract and cotinine-verified smoking status in 11 435 Korean adults using Korea National Health and Nutrition Examination Survey data from 2008 to 2016. J Cataract Refract Surg. 46, 45-54 (2020).
3.  Bartalena L, Piantanida E, Gallo D, Lai A, Tanda ML. Epidemiology, Natural History, Risk Factors, and Prevention of Graves' Orbitopathy. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:615993.
4. Rüfer F. Sekundäre Neuroprotektion beim Glaukom durch Lebensstiländerungen. Klin Monatsbl Augenheilkd. 237, 158–162 (2020).
5. Yu, K. et al. Systemic Conditions Associated with Severity of Dry Eye Signs and Symptoms in the Dry Eye Assessment and Management Study. Ophthalmology 2021 Mar 27;S0161-6420(21)00235-9.
Communiqué de presse DOG du 27.05.2021

 

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Lien intéressant : Optic Disc Drusen

The Optic Disc Drusen Studies (ODDS) consortium is an international alliance of researchers in optic nerve disorders with a special interest in optic disc drusen. Members are from 9 different countries worldwide; the coordination center is in Copenhagen, Denmark. The aim of the consortium is to provide an international forum for optic disc drusen research and clinical topics, where multicenter genotype-phenotype studies and structure-function correlation studies are performed in order to elucidate the mechanisms of optic disc drusen related visual loss.

The ODDS website provides insight in their research, for lay people as well as for professionals. Published papers of the group with short abstracts are listed. Coming soon is the section "pearls and pitfalls". Peter Maloca, IOB, is one of the members.

Lisez le blog de Jules Gonin !

Dans le blog « Entrevoir » de la Fondation Asile des aveugles, Clémentine Fitaire pose trois questions à Dre Irmela Mantel : « Révolutions dans l’imagerie de la rétine ».

Dre Irmela Mantel est corresponsable de l’unité de rétine médicale à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin. Elle parle de révolution dans l’imagerie de la rétine.

Ici le lien Imagerie de la rétine - Dre Irmela Mantel - Hôpital ophtalmique


 

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Rétine

Une nouvelle nomenclature pour la DMLA, des résultats de phase III portant sur le faricimab et la gliose épirétinienne : autant de thèmes dont on entend beaucoup parler actuellement dans les congrès.

Selon la PD Dre Katja Hatz, Binningen, et le PD Dr Peter Maloca, Bâle, qui se sont exprimés dans le cadre d’une présentation au 5e congrès de la Swiss Academy of Ophthalmology, le terme « NVC » (néovascularisation choroïdienne) sera bientôt dépassé. Selon la nouvelle nomenclature qui fait consensus, on parle désormais de NVM (néovascularisation maculaire). 

La NVC occulte est maintenant appelée « NVM de type 1 », la NVC classique « NVM de type 2 » (les formes mixtes sont possibles) et la prolifération angiomateuse rétinienne est à présent une « NVM de type 3 ». Puisque la nomenclature repose sur des caractéristiques basées sur l’imagerie, les intervenants présenteront ultérieurement des informations dans le cadre d’ateliers et présentations ainsi que dans ophta. 

Les résultats de phase III portant sur l’utilisation du faricimab en cas de DMLAn et en cas d’œdème maculaire diabétique (OMD) ont été présentés dans le cadre d’un congrès qui a eu lieu en février 2021.1,2 Cet anticorps bispécifique inhibe le VEGF-A et l’angiopoïétine 2 (Ang-2). La voie de signalisation de l’angiopoïétine est importante pour la stabilité et l’homéostasie vasculaires. Les études TENAYA et LUCERNE ont comparé, dans le cadre de la DMLAn, des intervalles d’injection fixes d’aflibercept (toutes les 8 semaines) et de faricimab (intervalles fixes de 8, 12 ou 16 semaines en fonction de l’activité des lésions aux semaines 20 et 24, 4 doses de charge). Les études YOSEMITE et RHINE sont des études de phase III portant sur l’OMD. Chacune comporte trois bras : faricimab (6mg) administré à des intervalles de dosage « personnalisés »  allant jusqu’à 16 semaines, accompagné d’injections placébo lors des visites séparées, afin de maintenir l’anonymat des chercheurs et des participants; faricimab (6mg) à des intervalles fixes de 8 semaines; aflibersept (2mg) à des intervalles fixes de 8 semaines. Les résultats sur un an ont montré une non-infériorité en ce qui concerne l’acuité visuelle et des avantages pour le faricimab en ce qui concerne les critères d’évaluation anatomiques. Un traitement à des intervalles de 16 semaines était suffisant pour jusqu’à 52 % des patients.

À l’occasion du congrès de l’Augenärztliche Akademie Deutschland (AAD), l’association professionnelle des ophtalmologues d’Allemagne a présenté au public des informations sur la gliose épirétinienne (membrane épirétinienne, macular pucker). Comme pour la DMLA, sur laquelle on trouve une masse d’informations sur Internet, les lignes peuvent apparaître déformées et l’acuité visuelle peut diminuer. En revanche, le traitement de la gliose épirétinienne est totalement différent de celui de la DMLA. Dans les cas plus prononcés, une vitrectomie peut être envisagée afin de détacher les membranes. 
 

Références
Heier J, et al. Faricimab in neovascular age-relatied macular degeneration, TENAYA and LUCERNE Study Results.
Wykoff C, Faricimab in DME, YOSEMITE and RHINE Studie results, Vorträge am Kongress Angiogenesis, Exudation, and Degeneration, Bascom Palmer Eye Institute (Miami), 13.02.21

 

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Littérature actuelle : observations sur la rétine en cas de COVID-19 et autres

Littérature actuelle 
 


 

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